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  • 12 mai

Lever des fonds, c’est aussi faire son go-to-market investisseur

On parle souvent de levée de fonds comme d’un exercice financier. C’est réducteur. Pour un entrepreneur early stage, lever des fonds, c’est aussi vendre une trajectoire crédible à une cible précise : l’investisseur capable de financer le bon risque, au bon moment.

La première question est donc la même qu’en go-to-market : quelle est mon offre, qui est ma cible, et comment vais-je la convaincre ? Appliqué à la levée, cela revient à clarifier son equity story : quelle transformation majeure rend-on possible ? Quel est le marché tête de pont ? Quel est le risque principal aujourd’hui ? Comment ce tour va-t-il le faire disparaître ? Pourquoi le tour suivant deviendra-t-il évident ?

C’est le cœur du sujet : un investisseur ne finance pas seulement une startup prometteuse, une technologie séduisante ou un grand marché. Il finance une trajectoire vers un tour suivant crédible. Son raisonnement est : risk, de-risking, next round. À chaque stade correspond un risque dominant : en pre-seed, le problem/solution fit ; en seed, le product/market fit ; en Série A, la croissance ; en Série B, le scale.

Quand il écoute un pitch, l’investisseur se demande surtout : est-ce que le tour suivant sera possible ? Est-ce que l’équipe est capable ? Est-ce qu’elle sait prioriser ? Est-ce que le marché est réellement accessible ? Ces questions comptent souvent plus qu’un marché théorique immense ou une ambition trop générale.

L’entrepreneur doit donc définir son ICP investisseur, comme il définirait son ICP client. Tous les investisseurs ne sont pas de bonnes cibles. Il faut qualifier leur type — business angel, VC deeptech, corporate, impact, medtech, biotech — leur thèse, leur stade d’intervention, leur capacité à lead, leurs tickets moyens, leur portefeuille et les éventuels conflits avec des startups proches. Contacter un fonds SaaS pour une deeptech industrielle, un fonds late stage pour un seed ou un corporate trop tôt crée un mismatch coûteux.

Une levée se pilote alors comme un process commercial : créer un CRM investisseurs, sourcer et qualifier les fonds, mapper les contacts sur LinkedIn, travailler les thèses et portefeuilles, obtenir des intros réseau, personnaliser les messages. L’objectif n’est pas d’envoyer le même deck à tout le monde, mais d’arriver avec le bon message, par le bon canal, au bon moment.

Pour sortir du lot, trois leviers comptent : la personnalisation, la précision et la qualité de l’introduction. Un bon message dit clairement : qui je suis, ce que je construis, ce que j’ai déjà prouvé, combien je lève, pourquoi maintenant, et pourquoi cet investisseur est pertinent.

Préparer une levée, ce n’est donc pas seulement refaire son deck. C’est construire une stratégie d’accès au marché investisseur. Les entrepreneurs les plus efficaces ne cherchent pas “des investisseurs” en général. Ils identifient ceux qui financent précisément le risque qu’ils veulent faire disparaître — et montrent pourquoi, grâce à ce tour, le prochain financement deviendra crédible.

Nos Sherpas, tous serial-entrepreneurs, sont là pour vous conseiller pour optimiser votre levée de fonds.

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